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L’IPv6, nouvel internet, où en est-on ?

Adista a participé au colloque national sur l’IPv6 qui s’est déroulé le 13 juin dernier à l’Université de Caen Basse-Normandie. Des rencontres qui permettent des échanges concrets sur le plan technique, même pour un protocole pourtant parfaitement normalisé depuis très longtemps. L’occasion également de prendre la mesure de l’état d’avancement de ce nouveau protocole.

Une transition de plus en plus pressante

La migration d’internet vers IPv6 est inéluctable, et s’en préoccuper dès aujourd’hui devient incontournable. Incontournable puisque désormais la plupart des déploiements de réseaux neufs considèrent IPv6 comme le protocole de base, et IPv4 comme le protocole de transition. C’est-à-dire que les rôles sont déjà inversés. Inéluctable si on croit les analystes ; ils estiment en effet que 2 à 5 % du trafic européen se fait déjà en IPv6 et qu’un doublement de ce taux est prévu tous les 9 mois.

Et pour aller un peu plus loin, selon les spécialistes, dès que l’IPv6 aura atteint 10 % du trafic, il y aura phénomène d’emballement et donc d’adoption encore plus rapide. D’ores et déjà, certains réseaux français qui ont sauté le pas peuvent avoir jusqu’à 30 % de leur bande passante en IPv6.

L’IPv6 est donc le protocole qui va débrider l’imagination et permettre l’émergence de nouvelles applications, là où l’IPv4 a calé il y a une dizaine d’année

Pourquoi le développement de l’IPv6 ?

Si l’argument principal avancé dans le développement de l’IPv6  est la pénurie d’adresse IP, il n’est pas le seul. En effet, l’IPv6 permet également d’accéder à de nouveaux services, applications et usages variés par le rétablissement d’une connexion de bout en bout que ne permettait plus  l’IPv4. Explications.

  • Les contingences de l’adressage IP ont conduit, dès la fin du précédent millénaire, à l’adoption massive de la technologie de translation d‘adresses. Ce n’est que grâce à cette technologie que les adresses IPv4 ont pu être utilisées jusqu’à aujourd’hui. Le nombre de terminaux disposant d’une adresse IPv4 est en effet, depuis plusieurs années, bien supérieur à la quantité d’adresses disponibles. Mais cet artifice a un coût fonctionnel. La translation d’adresses prend en compte correctement la connexion de clients à un service fixe et clairement identifié, mais s’accommode très mal des connexions maillées et des protocoles nouveaux. Ainsi, des applications de peer-to-peer, ou simplement Skype, sont énormément pénalisés.
  • L’IPv6 est le protocole qui permettra le déploiement sans compromis des nouveaux réseaux mobiles, 3G/4G. Dès l’avènement des connexions 3G de données, les opérateurs avaient pris le parti de la translation d’adresse, interdisant certains usages pour leurs clients (certains types de VPN, la téléphonie, « ports bloqués »). L’IPv6 fera disparaître ces limitations. Le fait est que, dès cette année, de nombreux déploiements de réseau 4G sont annoncés en « IPv6-only », l’internet IPv4 étant joint par une technologie de transition.
  • L’IPv6 est également le protocole de l’« internet des objets ». En plus de dépasser les limitations de nombre d’adresses, l’IPv6 pourra par exemple rétablir la possibilité de connexion directe entre votre smartphone sur un réseau d’accès 4G, et votre frigo qui saura lire les étiquettes RFID des objets qu’il contient. On entrevoit également bien sûr les applications de surveillance de l’habitation, de surveillance médicale, d’optimisation énergétique. L’IPv6 est par exemple activement étudié par les gestionnaires de réseaux urbains d’eau, gaz, électricité, pour l’interconnexion des compteurs (« smart grid »). Et ceci, y compris dans notre pays.

L’IPv6 est donc le protocole qui va débrider l’imagination et permettre l’émergence de nouvelles applications, là où l’IPv4 a calé il y a une dizaine d’année en raison de l’artifice qu’est la translation d’adresses.

Intervention de Bertrand Maujean, Ingénieur Adista, lors du colloque disponible ici.

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