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Lozère Développement : “On peut aussi innover et réussir en milieu rural”

C’est en Lozère que se déroulera la deuxième édition de La Start-up est dans le pré, du 4 au 6 octobre 2013 à la Baraque des Bouviers (48). Une occasion de montrer que ruralité et innovation sont compatibles ! Et que la performance n’est pas réservée qu’aux grosses agglomérations.
Le département est très engagé dans cette vision, comme le démontre cet entretien entre Jean-Paul Pourquier, Président du Conseil Général de la Lozère, Sébastien Oziol, Directeur de Lozère Développement, Patrick Boyer, Directeur des TIC au Conseil général et Philippe Paci, Directeur Marketing Adista.

Photo ci-contre, de gauche à droite : Patrick Boyer, Jean-Paul Pourquier, Sébastien Oziol.

Philippe Paci : Pourquoi la Lozère a-t-elle choisi d’accueillir La Start Up est dans le Pré, destinée à favoriser la création d’entreprises basées sur l’innovation ?

Jean-Paul Pourquier : Le département est très mobilisé sur l’accueil d’une nouvelle population d’actifs dans le département. Nous menons une politique très attractive et avons pris un certains nombres d’initiatives, notamment une action de communication Nouvelle vie en Lozère.
Dans ce contexte, nous avons pensé qu’une manifestation de ce type était un coup de projecteur pour essayer d’attirer de nouveaux actifs dans un département rural. C’est vrai qu’on a tendance à penser que l’innovation est liée aux grandes métropoles. Nous pensons que nous pouvons aussi concevoir l’innovation dans un département comme la Lozère et donc rural. Voilà pourquoi nous avons pris en charge cette manifestation. Une initiative intéressante qui je l’espère démontrera qu’on peut aussi innover dans la ruralité.

Philippe Paci : Les collectivités sont engagées depuis plus d’une dizaine d’années dans des projets assez ambitieux de développement numérique, d’aménagement du territoire. Pouvez-vous nous parler des projets de la Lozère dans ce domaine ?

Jean-Paul Pourquier : La Lozère est fortement engagée dans la couverture Très Haut Débit (THD) du département. Ça a commencé par une opération de développement de fibre optique. Il s’agissait d’avoir une artère numérique pour pouvoir irriguer le territoire en Très Haut Débit. Nous avons commencé par les 6 départements du Sud Massif Central, la région Languedoc-Roussillon et Auvergne. A partir de là, nous avons envisagé une couverture THD du département. Concernant la pose de la fibre optique, la première phase concerne tout l’ouest du département, le long de l’A75. Reste le câblage qui va être réalisé d’ici la fin de l’année. Dans un second temps, nous voulons couvrir l’intégralité du département. Notre schéma départemental est en train d’évoluer puisque nous prévoyons à la fois collecte et desserte. L’objectif est d’amener la fibre optique à tous les chefs-lieux du canton et les communes les plus importantes. L’opération globale se déroulera entre 2014 et 2020, en deux phases 2014-2017 et 2017-2020.

Philippe Paci : Vous vous inscrivez dans un thème développé récemment par le gouvernement avec la feuille de route numérique annoncée mi-février. Pour ce qui est de la couverture des dernières zones d’ombre, on sait que la desserte est complexe techniquement et financièrement. Comment abordez-vous ces sujets ?

Jean-Paul Pourquier : Pour les zones d’ombre, nous pourrons d’abord faire de la montée en débit grâce aux nouvelles technologies. Il y a également l’offre satellite qui évolue en débit et en volume, ce qui est une première réponse pour la couverture de ces zones d’ombre.

Philippe Paci : Avez-vous déjà des perspectives de déploiement satellite pour des villages qui ne sont pas couverts par des réseaux Très Haut Débit ?

Jean-Paul Pourquier : Pour le moment, on n’a pas eu de problèmes particuliers mais nous y réfléchissons, nous anticipons parce que nous savons très bien que ça va se produire à un moment ou à un autre. C’est à partir de l’activation des réseaux que nous constaterons les zones d’ombre. Nous avons également complété l’offre fibre avec l’installation d’un pilonne Wimax pour aller au-delà, sur les zones d’activités notamment, du seul périmètre de la zone.

Patrick Boyer : Le schéma à horizon 2017 consiste à fibrer tous les chefs-lieux et les communes importantes. Ensuite on traite en technologies alternatives les milieux plus isolés. Pour certains villages dans lesquels il y a des armoires de quartiers, l’ADSL et SDSL sont des opportunités ; pour le reste, il a été décidé d’établir un programme d’aide à l’accès satellite.

Sébastien Oziol : En quoi consiste la connexion satellite Satelink que va déployer Adista lors de la Start up est dans le Pré ?

Philippe Paci : La spécificité d’Adista, c’est d’utiliser toutes les technologies possibles pour connecter les entreprises, pour apporter du THD quel que soit l’environnement. Nous sommes spécialisés sur les Réseaux d’Initiative Publique, notamment les réseaux fibre, mais on sait tous qu’on ne peut pas amener la fibre partout, en tous cas temporairement. La solution idéale pour des manifestations temporaires, des situations d’urgence, c’est l’internet par satellite. Avec le lancement de Ka-Sat, satellite d’Eutelsat lancé à peu près il y a un an et demi, premier satellite totalement dédié à l’internet, on est capable de livrer un accès internet très rapidement, avec éventuellement une desserte wifi pour arroser une manifestation complète.
En terme de débits, on est capable de proposer du 6 Mbs symétrique et jusqu’à 18 Mbs en download. L’intérêt de cette technologie, c’est la possibilité de la déployer en 2 heures, et d’être indépendant des conditions climatiques et environnementales. Ça marche même dans des zones montagneuses, ou en situations de grosses pluies, de neige… Le seul petit défaut en utilisation professionnelle c’est la latence. Comme le satellite est très éloigné, on a à peu près une demi-seconde de latence. Toutefois, pour du surf voire même pour de la téléphonie, on arrive à avoir une solution parfaite. Et surtout on est capable de désenclaver une entreprise, un local, un endroit reculé. Pour exemple, il faut savoir que beaucoup de Services Départementaux d’Incendie et de Secours s’équipent de ce type de technologie pour, à un endroit précis, avoir la connexion internet qui leur est indispensable.

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Philippe Paci : Il y a deux types d’enjeux dans le développement des RIP, économiques et sociaux. Pouvez-vous nous parler de ces enjeux pour la Lozère ?

Jean-Paul Pourquier : Nous avons développé un PER, Pôle d’Excellence Rural Télémédecine. Il a pour objectif de mettre en réseau les hôpitaux locaux avec les hôpitaux de la région -notamment Nîmes, Montpellier et Clermont-Ferrand- en visioconférence. Le deuxième objectif : mettre en réseau les urgentistes avec l’hôpital local. C’est une connexion qui fonctionne bien et qui a été saluée comme une expérience au niveau national très intéressante. Nous avons également décidé de fibrer un village tout entier dans le cadre d’un appel à projet de l’Etat. Il s’agit d’Aumont-Aubrac, à proximité de l’autoroute et donc de notre réseau fibre. C’est actuellement en commercialisation par les opérateurs.

Patrick Boyer : J’ajouterais un mot sur le volet des services et usages. On a donc deux bons exemples avec le PER Télémédecine pour la partie visioconférence qui s’appuie sur les réseaux THD et la partie télémédecine d’urgence qui, elle, s’appuie plus sur l’internet mobile et donc sur le réseau 3G. Ça fait partie des nouveaux outils. On a également un réseau de visioconférence de maisons de service public. Tout ça permet d’apporter des services qui n’existaient pas dans les villages. Et avec le THD, on pourra aller encore plus loin et l’amener jusqu’au domicile de l’usager. Ce qui sera quand même révolutionnaire. Et pour finir, actuellement, comme nous amenons la fibre sur Mande et que la préfecture va être sécurisée en fibre optique, on a en réflexion un petit projet de Datacenter expérimental.

Philippe Paci : C’est exactement la vision d’Adista. Nous sommes persuadés que les entreprises ont d’abord besoin de valeurs économiques, et que ces valeurs économiques, nous sommes capable de les proposer par des services sur les réseaux THD. Pour nous, dans le monde professionnel, le THD sans les usages ce n’est rien. Et je rejoins ce que vous dites dans le sens où la présence de Datacenter de proximité a beaucoup de sens aujourd’hui sur les territoires car les entreprises ont de plus en plus besoin de systèmes d’information performants et elles apprécient d’avoir une production externalisée du SI dans des salles spécialisées et si possible le plus proche possible. La présence des réseaux Très Haut Débit un peu partout a permis de générer une nouvelle économie qui se traduit par l’explosion des salles d’hébergement spécialisées un peu partout en France. C’est un des sens importants de l’investissement des collectivités publiques sur les réseaux THD. Au-delà de la valeur économique, vous avez également parlé de valeur sociale. Là aussi, dans un territoire, la présence du THD devient un enjeu essentiel pour amener du confort de vie, des services nouveaux aux citoyens.

Sébastien Oziol : Aujourd’hui la Lozère a investi également dans les maisons de l’emploi pour qu’elles deviennent des télécentres. Ce qui va permettre à ces endroits d’accueillir des télétravailleurs qui pratiqueront ces usages. Ces sites seront connectés au Pôle Lozérien d’Economie Numérique qui lui déploie les usages et les met à disposition des télécentres. On est en train de bâtir un catalogue de services professionnels. Il contiendra des produits de nos partenaires dans les domaines du décisionnel, de la gestion de la relation client, dans la sauvegarde, dans la sécurisation des SI, etc.
… Et pour tout savoir sur l’événement, rendez-vous sur http://lastartupestdanslepre.fr/

Adista commercialise son offre d’accès Internet par Satellite et Très Haut Débit par Satellite sous la marque Satelink. Vous trouverez toutes les informations concernant la mise en œuvre d’un Internet par Satellite pour les professionnels, ou d’une connexion Très Haut Débit par Satellite, sur le site dédié : www.satelink.fr

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