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Association G6 : Le passage à l’IPv6 est urgent… il est impératif de ne pas se laisser distancer

“Les entreprises ne doivent pas se laisser distancer dans le passage vers l’IPv6, celles qui auront pris ce retard seront freinées”.
Le passage à l’IPv6 devient urgent… Pourquoi ? M. Ernst, Président de l’association G6, engagé dans de la promotion et du développement de l’IPv6, nous donne des pistes de réponse.

Zoom sur G6…

L’association G6 est engagée dans la promotion et le développement de l’IPv6. Elle a été créée en 1996, initialement dans le but de déployer en France un réseau de test d’IPv6. Cela s’est concrétisé par la mise en service d’IPv6 au cœur de RENATER*. Aujourd’hui ses principales missions se déclinent selon les besoins à savoir :

  • l’expertise technique auprès des acteurs du déploiement d’IPv6 ;
  • la formation à travers des tutoriaux et le livre IPv6 Théorie et Pratique ;
  • la promotion du protocole IPv6 auprès des instances francophones comme outil de développement économique et technologique.

L’un des tout premiers déploiements opérationnels d’IPv6 au Monde : RENATER

“Il faut savoir que la France est le leader en termes de proposition d’utilisation d’IPv6. En clair, les réseaux sont prêts toutefois leurs avantages technologiques ne sont pas assez exploités” explique Thierry Ernst tout en précisant que c’est en France qu’a eu lieu l’un des tout premiers déploiements opérationnels d’IPv6, au sein de RENATER*.

RENATER a été déployé au début des années 90 pour fédérer les infrastructures de télécommunication pour la recherche et l’éducation. Des raccordements permettent d’avoir de la connectivité IPv6 avec la communauté “enseignement-recherche” internationale et plus généralement avec l’Internet IPv6 mondial. “C’est un potentiel énorme pour les universités, les laboratoires, etc.”

Pénurie, mais pas que. “Il ne faut pas se laisser distancer”

Les professionnels s’accordent à dire que l’IPv4, créée dans les années 70, a atteint ses limites et ne répond plus à l’ensemble des besoins actuels**. C’est un fait, mais pour Thierry Ernst “Ce n’est pas uniquement la pénurie d’adresses IPv4 qui doit conduire au passage vers l’IPv6. Les entreprises doivent prendre conscience que c’est également très important, pour disposer de toutes les nouvelles fonctionnalités compatibles. Les entreprises ne doivent pas se laisser distancer dans le passage vers l’IPv6, celles qui auront pris ce retard seront freinées. Et ce sera également un frein pour l’économie numérique.”

Prenons un exemple, “Aujourd’hui, dans mon activité professionnelle, je développe des systèmes de transport intelligents capables d’échanger des informations routières, d’optimiser le trafic, de trouver des bornes pour les véhicules électriques, etc. Seul IPv6 est capable de prendre en compte toutes ces fonctionnalités. Avec IPv4, tout serait beaucoup plus compliqué.” explique le Président du G6.

“L’IPv6 est un catalyseur d’innovation”

Connectivité permanente, débits proposés croissants en permanence, malgré l’innovation technologique et les investissements réalisés dans les réseaux, ce sont les fournisseurs de services (Free, Google, Apple, Facebook …) qui auront capté le mieux la valeur générée par un internet omniprésent, au détriment des opérateurs. IPv6 peut-il être un virage, le début d’un internet 3.0 ?

S’affranchir des limites d’IPv4 est absolument indispensable à la stimulation de l’économie numérique. Avec la généralisation d’IPv6, une nouvelle économie de services apparaît, basée sur l’innovation, et notamment sur l’Open Data, sur le M2M, et in fine reposant sur l’exploitation de ces 80 milliards de choses interconnectées à internet dès 2020 selon l’IDATE. C’est un virage essentiel à prendre pour stimuler une nouvelle génération de projets et d’entreprises.

Plus que jamais, s’accrocher à l’IPv4 représente donc :

  • un risque de ne pas pouvoir rester dans la compétition face à ceux qui auront fait le choix d’IPv6 ;
  • une perte de compétitivité économique ;
  • un frein à l’innovation ;
  • une confrontation à la complexité des nouveaux services IPv4.

Le Président de G6 confirme “l’IPv6 est un catalyseur d’innovations et il faut se l’approprier dès maintenant. C’est crucial.” Mais malgré l’urgence et la conscience aigüe que les professionnels partagent, l’IPV6 a encore du mal à trouver sa place en France.

Prenons l’exemple du secteur public… Une circulaire interministérielle encourageait déjà début 2011 les Préfets de région et département, les directeurs d’administration centrale, et les collectivités territoriales à intégrer la nécessité de migrer vers IPv6 dans les appels d’offres émis par leurs administrations. Au final, peu d’administrations sont prêtes…

A venir…

Le “World IPv6 Day” en 2011 et l'”IPv6 Launch” un an après n’auront donc pas suffi à imposer l’IPv6. Prochainement, le G6 organisera des événements dans toute la France pour accélérer cette prise de conscience. Parce que l’un des facteurs de succès, c’est bien sûr une action coordonnée et une communication massive.

Toutes les informations relatives à l’association sont sur le site http://g6.asso.fr/

Pour en savoir plus sur l’IPv6, vous pouvez consulter l’article IPv6, où en est-on ? sur le Mag Adista.

*Réseau National de télécommunications pour la Technologie l’Enseignement et la Recherche
**Les derniers blocs d’adresses IPV4 ont déjà été distribués. Avec l’arrivée de l’IPV6 qui génère des adresses de 128 bits (contre 32 bits pourl’IPv4), le nombre d’adresses devient quasiment infini.

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