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Développement du Très Haut Débit et enjeux des RIP – Débat organisé par la FIRIP

La FIRIP organisait en ce début de semaine un débat autour de l’écosystème des Réseaux d’Initiative Publique. L’occasion de mettre à l’étude un sujet extrêmement actuel, devenu incontournable tant les besoins en connectivités explosent. C’était la 10e réunion de la FIRIP en Région ; elle s’est déroulée à Metz durant l’Open de Moselle. Rapide retour sur les thématiques fortes.

Ce débat a été organisé par la FIRIP en partenariat avec Altitude Infrastructure, Adista, CEP Groupe CDCL, Optec Telecom.

La FIRIP, élément central majeur

La FIRIP compte aujourd’hui soixante dix entreprises. “Elles ont en moyenne plus de 6 ans d’existence, ont connu l’évolution des RIP, et ont donc une parfaite connaissance du marché et de sa complexité”, a rappelé Philippe Leroy, sénateur de la Moselle, Président honoraire du Conseil Général de la Moselle, Vice-président du Conseil Général de la Moselle en charge de l’économie et du numérique, Président de la Communauté Numérique Interactive de l’Est (CNIE). Toutes ces entreprises ont un dénominateur commun : les RIP. Pour Philippe Leroy, le sujet est essentiel. “Les opérateurs des RIP sont les entreprises de demain, celles qui vont se développer, et qui ont besoin d’une visibilité indispensable.”

Dans son ensemble, la FIRIP représente tous les métiers liés à la chaîne de valeur des RIP, comme l’a souligné Etienne Dugas, son Président, également Président du Groupe Marais. “Ça va de l’élu qui veut aménager son territoire, au cabinet de conseils technique, financier, juridique, aux bureaux d’études, qui vont aider la collectivité à mûrir son projet, à lancer les appels d’offres, et donc à définir les aspects techniques et le mode de fonctionnement du réseau.” Viennent ensuite les intégrateurs qui ont vocation à réaliser le réseau. “Ce sont eux qui vont intervenir sur la réalisation : génie civilistes, câbleur, équipementier, fournisseur d’infrastructures. On retrouve ensuite les opérateurs de gros comme SFR Collectivités, Altitude Infrastructure, Tutor … Et enfin les opérateurs de détail et de services, dont l’emblématique Adista.” Il faut savoir que la plupart des opérateurs de proximité n’existaient pas avant les RIP. Il créent des emplois locaux, non délocalisables, non exportables.

M. Nguyen Van Sang, Délégué Général de la FIRIP, à l’initiative et organisateur de cette réunion, a été chaudement félicité, notamment par M. Leroy et M. Dugas, pour sa forte implication dans le développement du Très Haut Débit et de la fibre optique sur le territoire de la Moselle.

Pourquoi une accélération du Très Haut Débit ?

FIRIP Sur ce point, il a notamment été question de l’étude de l’IDATE sur le développement des besoins en très haut débit au niveau mondial. Roland MONTAGNE et Pierre-Michel ATTALI, représentants l’IDATE, ont expliqué que “ce n’est pas une application unique qui nécessite du 30 ou 50 Mbs, mais un ensemble d’applications, de plus en plus nombreuses, qui arrivent simultanément au foyer : TV HD, internet, blogs, téléphonie …” En bref, “c’est la somme de ces usages qui nous fait atteindre les 50 Mbs, et surtout la vidéo”. Il n’y a qu’à regarder les appels sur Skype : “40% des appels sur Skype se font en vidéos”. Et avec l’apparition des TVs connectées, la vidéo communication ne cessera de se développer.

Toutefois, on estime qu’il y a d’ores et déjà 10 % des abonnés THD qui vivent une inversion de la symétrie. “C’est-à-dire qu’ils envoient plus qu’ils ne reçoivent, notamment à cause la vidéo domestique envoyée sur les réseaux. Quand on raisonne sur le ftth, il ne faut donc pas focaliser sur l’accès THD résidentiel” ont précisé les représentant de l’IDATE.

Gabrielle Gauthey (photo ci-contre), Membre du comité exécutif d’Alcatel-Lucent, vice-présidente du pôle « économique, fiscal, innovation, numérique » du Medef, vice-présidente de la Fédération française des industries des télécommunications et de l’informatique (Fieec), est également intervenue sur ce sujet en rappelant que “les smartphones dans le monde auront mis 18 mois à avoir le taux de pénétration de la TV. On estime également qu’entre 2012 et 2016, la consommation de débit sur l’internet mobile a été multiplié par 25 ! L’avenir du mobile, c’est donc la fibre et le tout IP.”

A Etienne Dugas de conclure cette séance : “A cause du mobile, on a pas d’autre choix que de déployer la fibre. Après la question est : qui paie ?”

Zoom sur…
Quelle stratégie entre les solutions radio et fibre optique ?
David El Fassy, Président d’Altitude-Infrastructure, Vice-président de la FIRIP “Le Wimax va continuer d’évoluer, et on a besoin d’opticaliser les réseaux. A une époque, le problème était du 2 ou du 4 Mbs, cette époque est quasiment révolue. Mais les technologies radio peuvent monter, jusque 20 Mbs, et d’autres technologies arrivent. Altitude continue dans la radio, mais l’avenir c’est le THD et la fibre optique.” Et d’ajouter “La fibre optique en zone rurale, ce n’est pas si compliqué. Il est grand temps de pouvoir établir un diagnostic personnalisé numérique pour chaque habitant pour qu’il sache à quoi il a accès dans un lieu d’habitation. On parle énormément de Cloud pour les entreprises, mais le Cloud rentre à toute vitesse dans les foyers”. 

Quel est l’impact sur le marché des entreprises ?
Pascal Caumont, Directeur Général d’Adista “Adista est un opérateur concentré sur les entreprises depuis 30 ans pour l’informatique, depuis 15 ans pour les télécoms. Nous sommes fabricants de services par nature, et pour nous les RIP ont plusieurs avantages : très fiables, performants, accessibles financièrement avec un très bon rapport de service rendu par rapport au prix. Pour nous, les RIP ont été un facteur de développement important, avec 240 salariés, près de 50 millions d’euros de CA et 21 agences. Sans les RIP, nous serions restés une entreprise régionale sans augmentation.” Gabrielle Gauthey a d’ailleurs ajouté sur ce sujet “Avec leur succès, les opérateurs locaux, qui deviennent multi locaux, puis nationaux, sont les seuls à même à permettre l’arrivée du Cloud dans les PME.” 

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