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Le Cloud bouscule les méthodes de conception du Datacenter

Au cœur de la nouvelle économie numérique, l’infrastructure Datacenter doit pouvoir assumer pleinement le nouveau rôle qui est le sien : accompagner le développement du Cloud. Il doit aussi répondre à un certain nombre d’enjeux d’ordre technologiques, économiques et environnementaux issus de la 4eme révolution industrielle, celle de l’économie numérique. 4 questions à Damien Giroud, Directeur France Solutions Datacenters, Schneider Electric.

Selon vous, comment le Cloud influe sur les modèles économiques ?
Le Cloud Computing n’est pas un simple bouleversement technologique. Il s’agit également  d’un nouveau modèle économique axé sur le paiement à l’usage qui constitue, pour une entreprise, un moyen très attractif de simplifier la mise à disposition de services applicatifs à ses collaborateurs et la gestion de son infrastructure informatique.
Le cabinet d’études IDC estime que si les entreprises allouent aujourd’hui 44% de leur budget infrastructure dans le Cloud, cette part devrait passer à 60% en 2017.
Le Cloud bouleverse également le métier des éditeurs de logiciels. Pour mettre à disposition leurs solutions, ils doivent désormais les héberger de manière à pouvoir les proposer en mode SaaS à leurs clients. Ce changement de modèle économique les oblige alors à appréhender les notions d’accessibilité, de sécurité et de haute disponibilité et à revoir leurs modes de facturation.

Les datacenters vont devoir migrer de plus en plus vers des approches « As A Service »

Les Datacenters sont donc au cœur de ces nouveaux modèles ?
On voit bien que le Cloud entraîne une décentralisation croissante des usages numériques faisant littéralement exploser la demande en matière d’hébergement. Cette vision pousse ainsi au développement de « fermes informatiques », qui sont opérées par de nouveaux acteurs internationaux, nationaux mais aussi régionaux. Cette offre de Cloud Régional est bien souvent dédiée aux TPE/PME.
Le datacenter est donc devenu le cœur de cette économie des « usages numériques ». Il  permet de produire et stocker les données pour pouvoir les restituer 24h/24, comme le cœur propulse le sang vers les organes vitaux, à des utilisateurs toujours plus nombreux. Élément désormais clé, il doit relever de nombreux enjeux d’ordre technologiques, économiques et environnementaux, ce qui nécessite de nouvelles approches de conception, de gestion et d’organisation. Pour s’adapter, les datacenters vont devoir migrer de plus en plus vers des approches « As A Service » afin de se fondre totalement dans ce nouveau paradigme.

Structurer la décision et la stratégie à adopter sur le degré de modularité de l’infrastructure, le taux de disponibilité visé, l’efficacité énergétique atteignable et le taux d’automatisation à intégrer.

Comment le datacenter doit-il évoluer pour répondre à ces nouveaux enjeux imposés par le Cloud ?
L’avènement du Cloud a apporté un nouvelle variable dans la gestion des datacenter : la flexibilité. C’est aujourd’hui devenu l’élément critique de toutes les étapes du cycle de vie d’un datacenter. Celui-ci doit désormais être capable de s’ajuster en permanence et de façon automatisée aux besoins de croissance, de sécurisation et de respect de l’environnement des organisations. Cette flexibilité, pousse à la création de datacenters de nouvelle génération qui doivent être :

  • Modulaires dans leur conception, c’est-à-dire tenir compte des besoins actuels et anticiper les besoins futurs. Pour cela ils doivent être évolutifs et doivent pouvoir s’adapter rapidement aux enjeux de densification, de  virtualisation et de respect de l’environnement toujours plus forts.
  • Modulaires dans l’exploitation, pour répondre aux besoins multiples de disponibilité et de sécurité que peut avoir l’entreprise. Ils doivent apporter la possibilité de sécuriser spécifiquement les applications de nature différente d’une même entreprise (approche Multi-tiering). Ils doivent permettre une gestion de l’infrastructure comme un service (IaaS) selon une approche à la demande et un investissement au juste nécessaire pour étaler l’effort financier et le caler en fonction de la croissance de l’entreprise. (concept du « pay as you grow »).
  • Modulaire dans le pilotage, la supervision du datacenter doit fournir tous les indicateurs nécessaires pour planifier les activités et les ressources, et gérer les actifs informatiques. Le recueil et l’analyse des données d’exploitation doivent permettre de procéder à une facturation précise des frais d’exploitation directement auprès des divisions concernées de l’entreprise ou du client (pour l’hébergeur et l’éditeur de logiciels). Le datacenter étant un poste important de consommation d’énergie, il doit également être en mesure de fournir des données environnementales pour une communication aux directions générales.

Qu’elles agrandissent, rénovent ou construisent leur salle blanche, les entreprises doivent veiller à répondre à un certain nombre de critère.

Et dans la pratique ?
Que la réflexion porte sur le développement d’un nouveau datacenter ou sur l’évolution d’une salle existante, il est primordial de démarrer par une phase d’audit afin d’analyser et de définir les besoins et les performances envisagées. Celui-ci va permettre de structurer la décision et la stratégie à adopter sur le degré de modularité de l’infrastructure, le taux de disponibilité visé, l’efficacité énergétique atteignable et le taux d’automatisation à intégrer.
Il est important de comprendre que cette démarche est applicable quelque soit la taille du datacenter (à partir de 1 rack on peut aller chercher des optimisations) car elle permet de pré-qualifier dès le départ les solutions les mieux adaptées (on ne tue pas une mouche avec un bazooka).
Qu’elles agrandissent, rénovent ou construisent leur salle blanche, les entreprises doivent finalement  s’appuyer sur des solutions :

  • Modulaires, afin de réduire le capex en investissant au juste niveau du besoin
  • Flexibles, pour accompagner les changements de l’IT, plusieurs générations de serveurs vont défiler durant toute la durée de vie du datacenter
  • Eco-énergétique, en intégrant un rendement élevé des composants et un niveau de fiabilité adéquat, mais également en maximisant la mise en œuvre de solutions de free-cooling afin de réduire la consommation d’électricité ainsi que l’impact énergétique.
  • Faites de briques standardisées et industrielles: afin de simplifier et raccourcir les temps de maintenance et donc de faciliter l’exploitation.
  • Automatisés afin d’accompagner la virtualisation (suivre le déplacement des machines virtuelles) et de mesurer en permanence la performance de son infrastructure, grâce à un véritable outil de DCIM ouvert sur les environnements.

Ainsi conçue, l’infrastructure Datacenter assumera pleinement le nouveau rôle qui est le sien, accompagner le développement du Cloud, tout en permettant de réduire l’empreinte carbone de la 4eme révolution industrielle, celle de l’économie numérique.

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